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Phytothérapie

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Se soigner par les plantes : peut-on s’y fier vraiment ?

La phytothérapie peut, sans être la panacée, soulager de nombreux maux. A condition de bien s'informer, d'éviter l'automédication et de prendre quelques précautions. En effet, on ne peut pas mettre toutes les plantes dans le même sac. Les seules dignes de confiance figurent sur des listes officielles de pharmacopée qui recensent toutes les plantes à vocation officinale.

Dans le passé, chaque pays possédait sa pharmacopée. Depuis 2004, le Comité sur les plantes médicinales (HMPC : The Committee on Herbal Medicinal Products) édite des monographies des plantes, accompagnées de leur effet thérapeutique pour les médicaments traditionnels vendus dans les Etats membres de l'Union européenne. Depuis la parution de la directive 2004/24/EC, 751 enregistrements de médicaments à base de plantes ont été accordés suivant l'usage traditionnel (utilisés depuis 30 ans dont au moins 15 ans en Europe) et 423 selon un usage bien établi (bibliographie scientifique, essais cliniques...). L'évaluation se focalise sur l'usage traditionnel de la plante. Comme tous les médicaments, ceux à base de plantes et les préparations de plantes officielles sont vendus chez nous uniquement en pharmacie. A côté de cela, il y a les compléments alimentaires à base de plantes qui doivent être notifiés auprès du SPF Santé publique et les autres produits à base de plantes vendus n'importe où qui peuvent échapper au contrôle du ministère de la Santé.

En consultation, les médecins généralistes sont confrontés dans 70 à 80 % des cas à des "petites" pathologies, autrement dit des troubles fonctionnels. L'efficacité des plantes s'avère souveraine pour soulager les troubles digestifs, les palpitations cardiaques, la paresse de la vésicule biliaire, les maladies infectieuses, tels le rhume, la grippe, l'otite ou l'angine. On peut aussi les utiliser pour renforcer les défenses immunitaires (l'échinacée, l'éleuthérocoque et le shiitaké sont de bons exemples) et prévenir les maladies (les vertus du thym sont démontrés depuis longtemps). "Il y a des plantes riches en tanins, tels la canneberge, le plantain ou le noyer, qui agissent sur les mycoses, les hémorragies ou les diarrhées, souligne le Dr Eric Lorrain. L'alchémille donne de très bons résultats dans le traitement de l'hémorragie utérine. Et le saule blanc qui contient de l'acide salicylique est aussi efficace que l'aspirine." On commence à utiliser les plantes en cancérologie pour atténuer les effets secondaires des chimiothérapies. Mais il faut être très vigilant car les plantes peuvent interférer avec les molécules chimiques.

La nature offre une variété de plantes infinie et leurs vertus sont très diverses. Mais attention à l'automédication, à des "la cousine de ma voisine dit que..." et à des "consultations" dans des boutiques bio. On s'excuse de rappeler cette évidence : un traitement thérapeutique doit toujours reposer sur un bon diagnostic. D'où l'intérêt de demander l'avis à son médecin traitant. Si l'on souffre de douleurs au ventre, par exemple, il faut d'abord s'assurer qu'aucune pathologie "lourde" ne se cache derrière : une maladie c£liaque, un ulcère, un cancer... De surcroît, il faut savoir que si les plantes sont efficaces, elles peuvent aussi être nocives, voire devenir toxiques dans des préparations différentes (gélules ou tisanes). Enfin, gare aux interactions avec certaines molécules chimiques. Les personnes qui prennent plusieurs médicaments par jour doivent être particulièrement vigilantes.